Très tôt, j’ai pris conscience de ma réelle motivation pour l’aide aux handicapés.
Enfant, je n’hésitais pas à apporter à manger à des clochards qui vivaient sur un terrain vague derrière notre immeuble. Je construisais également des cabanes sur ce même terrain pour héberger des chiens errants que je tentais ensuite de faire adopter. Adolescent, je circulais avec une petite trousse à pharmacie pour soigner les animaux blessés ; ma chambre, à cette époque, était envahie de bestioles en tout genre.
Ces expériences m’ont donné très tôt le sens des responsabilités à l’égard des animaux et ont révélé mon fort sentiment d’empathie à l’égard des Etres vivants.
B.E.P. agricole (polyculture-élevage) puis un bac technique de paysagiste en poche, j’ai
effectué plusieurs emplois qui m’ont laissé insatisfait.
Mes recherches auprès de différentes associations d’aide aux handicapés m’ont permis, durant 9 mois, d’être accompagnateur, secrétaire et aide aux actes élémentaires de la vie, d’une personne tétraplégique.
L’opportunité s’est ensuite présentée de travailler à l’Ecole de chiens guides de Paris en décembre 1989, puis à l’Ecole de chiens guides d’Ile de France en mars 2003, où j’ai obtenu mon diplôme d’éducateur. Depuis septembre 2009, j’ai intégré l’équipe du C.I.E.
J’ai le sentiment d’être en accord avec mes affinités premières : être au service d’une cause et de gens qui en ont besoin. Sur ce plan, ma sensibilité et mon empathie naturelle me rendent la tâche relativement facile.
L’amour inconditionnel que je porte à la nature et aux animaux font que le métier d’éducateur de chien guide d’aveugle me colle à la peau.
Les pieds bien sur terre, mon regard est tourné vers l’avenir…
Eric LEBLANC
15/06/2010
LE CHIEN GUIDE: ESCLAVE OU MODELE D'ADAPTATION ?
Le chien-guide est diversement considéré dans le public. Soit, auréolé pour l’aide qu’il apporte à un déficient visuel ; soit, considéré comme un esclave automatisé, objet de privations et de sévices…Bref, un animal malheureux puisqu’il travaille et passe entre plusieurs mains.
De plus, une frange importante du public tend à confondre le service du chien-guide avec celui du chien d’assistance.
Quelques éclaircissements…
Qu’est-ce qu’un chien heureux ?
- celui qui remue la queue lorsqu’on lui prête attention ?
- Le prisonnier à perpétuité, seul toute la journée, qui attend dans un jardin le retour de son « meneur » pour le rituel de la gamelle et du panier ?
- le chien devenu substitut affectif, passant des bras de son humain, au fauteuil, au lit, ne touchant terre que pour assouvir ses besoins naturels et tellement pouponné qu’il ne sait plus très bien à quelle espèce il appartient ?
- le chien en meute où sévit la loi du plus fort et où l’essentiel du temps est occupé à la recherche de nourriture, à la défense du territoire, à la prévention d’attaques et à l’accouplement ? Ce genre de vie est révolu dans les sociétés civilisées et il n’est que de voir le sort réservé aux chiens errants dans divers pays….
- Un chien qui ne souffre jamais de la faim, de la soif et qui a un toit pour se protéger ?
- Le chien qui a la possibilité d’accompagner son « meneur » partout, aussi bien à pied, qu’en voiture, transports en commun ?
- Je vous laisse opter pour la réponse de votre choix mais à l’observation il semble que le chien s’adapte à toutes les situations, d’autant mieux et plus facilement qu’il se sent intégré et admis dans l’espace où il vit. L’ensemble des habitudes et des rituels qui jalonnent ses journées contribuent à le rassurer. Lorsqu’il y a inadaptation au mode de vie, se mettent en place la kyrielle d’eczémas, d’otites, d’engorgement du foie et j’en passe. C’est la sonnette d’alarme.
Quel est l’agent le plus souvent responsable de désordres comportementaux qui affectent le chien (ou tout autre animal dépendant intégralement de l’humain ? L’ENNUI.
Sous la dépendance de l’humain, le chien n’a plus à errer pour rechercher sa nourriture, n’a plus de territoire à gérer, ne peut plus s’adonner à des joutes hiérarchiques, à des comportements d’accouplement. En échange, on lui crée d’autres distractions qualifiées de sport : l’agility, le cynobike, le canifrisbee, le skate joring et autre canicross. Mais à l’instar des humains, tous les chiens n’aspirent peut-être pas à une carrière de sportif.
Savez-vous qu’elle doit être la principale qualité d’un chien-guide ?
savoir désobéir. Pas mal pour un esclave, hein ? Parce que figurez-vous que ce qui est recherché, cultivé et que nous tentons de faire épanouir au mieux, c'est son sens de l'initiative. Lorsqu'il sera investi de la responsabilité de guider "son" aveugle ce sera à lui seul de déjouer tous les pièges que l'on trouve sur les trottoirs et les rues.
Serions-nous assez fous pour confier une telle responsabilité à un animal que nous aurions maltraité pour arriver à nos fins ? Alors qu'il est tellement plus motivant pour nous et pour le chien d'arriver à ce résultat par une pédagogie inventive et de la complicité.
Un éducateur de chiens-guides n'est rien moins qu'un instituteur gérant des gamins de 5 à 7 ans d'âge mental, avec les élèves sérieux, les têtes en l'air, les timides, ceux qui savent mais pensent qu'ils ne savent pas, ceux qui peuvent mais n'osent pas le faire, ceux qui agissent avant de réfléchir, les fiers à bras etc... A l'éducateur d'apprendre la pondération au sujet excité, au timide de savoir oser, de recentrer le rêveur. La durée des sorties pour l'apprentissage quotidien dépend entièrement de chaque élève, le but étant de ne pas lasser le chien qui doit garder un bon souvenir de chaque séquence. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut former un chien contre son gré, soit, entre autre, qu'il ne marche pas devant, ou qu'il s'avère impossible d'établir une communication avec lui.
Un aveugle, c'est simplement une personne qui ne voit pas. Il n'a nul besoin qu'un chien lui apporte des objets. Il se débrouille parfaitement seul sur ce plan. Il a simplement besoin d'un chien qui le précède pour lui permettre de se déplacer plus rapidement et avec plus de sécurité.
Le chien d'assistance par contre, sert une personne qui voit mais ne peut se mouvoir, il a donc pour mission de lui apporter différents objets à la demande.
J'en terminerai avec le problème de la séparation et de ce que j'ai pu en observer. Il en est des chiens comme des humains : plus ils vivent des situations différentes, plus ils sont à l'aise partout. Le chien est plus sage que l'humain : il ne vit ni dans le passé ni dans le futur mais dans l'instant présent. Lorsqu'il change de lieu de résidence, il découvre les nouvelles odeurs, ressent l'atmosphère et l'ambiance des lieux (qui lui sont acquises, dans le cas d'un chien-guide) et s'il y a anxiété elle est de courte durée. Ce qui étonne toujours les familles d'accueil c'est la facilité avec laquelle le chien nouvellement arrivé, se fond dans son nouvel environnement comme s'il avait toujours vécu à cet endroit.
Conclusion : un chien-guide a une activité, donc il ne s'ennuie pas ; il accompagne son "meneur" partout et n'est donc pas laissé pour compte comme beaucoup de ses congénères ; son harnais ne pèse que quelques centaines de grammes et n'est pas un silice hérissé de pointes destinées à le faire avancer.
"Celui qui ne s'adapte pas disparaît" et "l'adaptation est une forme d'intelligence". Le chien en est la preuve flagrante.
M.C.T.
De plus, une frange importante du public tend à confondre le service du chien-guide avec celui du chien d’assistance.
Quelques éclaircissements…
Qu’est-ce qu’un chien heureux ?
- celui qui remue la queue lorsqu’on lui prête attention ?
- Le prisonnier à perpétuité, seul toute la journée, qui attend dans un jardin le retour de son « meneur » pour le rituel de la gamelle et du panier ?
- le chien devenu substitut affectif, passant des bras de son humain, au fauteuil, au lit, ne touchant terre que pour assouvir ses besoins naturels et tellement pouponné qu’il ne sait plus très bien à quelle espèce il appartient ?
- le chien en meute où sévit la loi du plus fort et où l’essentiel du temps est occupé à la recherche de nourriture, à la défense du territoire, à la prévention d’attaques et à l’accouplement ? Ce genre de vie est révolu dans les sociétés civilisées et il n’est que de voir le sort réservé aux chiens errants dans divers pays….
- Un chien qui ne souffre jamais de la faim, de la soif et qui a un toit pour se protéger ?
- Le chien qui a la possibilité d’accompagner son « meneur » partout, aussi bien à pied, qu’en voiture, transports en commun ?
- Je vous laisse opter pour la réponse de votre choix mais à l’observation il semble que le chien s’adapte à toutes les situations, d’autant mieux et plus facilement qu’il se sent intégré et admis dans l’espace où il vit. L’ensemble des habitudes et des rituels qui jalonnent ses journées contribuent à le rassurer. Lorsqu’il y a inadaptation au mode de vie, se mettent en place la kyrielle d’eczémas, d’otites, d’engorgement du foie et j’en passe. C’est la sonnette d’alarme.
Quel est l’agent le plus souvent responsable de désordres comportementaux qui affectent le chien (ou tout autre animal dépendant intégralement de l’humain ? L’ENNUI.
Sous la dépendance de l’humain, le chien n’a plus à errer pour rechercher sa nourriture, n’a plus de territoire à gérer, ne peut plus s’adonner à des joutes hiérarchiques, à des comportements d’accouplement. En échange, on lui crée d’autres distractions qualifiées de sport : l’agility, le cynobike, le canifrisbee, le skate joring et autre canicross. Mais à l’instar des humains, tous les chiens n’aspirent peut-être pas à une carrière de sportif.
Savez-vous qu’elle doit être la principale qualité d’un chien-guide ?
savoir désobéir. Pas mal pour un esclave, hein ? Parce que figurez-vous que ce qui est recherché, cultivé et que nous tentons de faire épanouir au mieux, c'est son sens de l'initiative. Lorsqu'il sera investi de la responsabilité de guider "son" aveugle ce sera à lui seul de déjouer tous les pièges que l'on trouve sur les trottoirs et les rues.
Serions-nous assez fous pour confier une telle responsabilité à un animal que nous aurions maltraité pour arriver à nos fins ? Alors qu'il est tellement plus motivant pour nous et pour le chien d'arriver à ce résultat par une pédagogie inventive et de la complicité.
Un éducateur de chiens-guides n'est rien moins qu'un instituteur gérant des gamins de 5 à 7 ans d'âge mental, avec les élèves sérieux, les têtes en l'air, les timides, ceux qui savent mais pensent qu'ils ne savent pas, ceux qui peuvent mais n'osent pas le faire, ceux qui agissent avant de réfléchir, les fiers à bras etc... A l'éducateur d'apprendre la pondération au sujet excité, au timide de savoir oser, de recentrer le rêveur. La durée des sorties pour l'apprentissage quotidien dépend entièrement de chaque élève, le but étant de ne pas lasser le chien qui doit garder un bon souvenir de chaque séquence. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut former un chien contre son gré, soit, entre autre, qu'il ne marche pas devant, ou qu'il s'avère impossible d'établir une communication avec lui.
Un aveugle, c'est simplement une personne qui ne voit pas. Il n'a nul besoin qu'un chien lui apporte des objets. Il se débrouille parfaitement seul sur ce plan. Il a simplement besoin d'un chien qui le précède pour lui permettre de se déplacer plus rapidement et avec plus de sécurité.
Le chien d'assistance par contre, sert une personne qui voit mais ne peut se mouvoir, il a donc pour mission de lui apporter différents objets à la demande.
J'en terminerai avec le problème de la séparation et de ce que j'ai pu en observer. Il en est des chiens comme des humains : plus ils vivent des situations différentes, plus ils sont à l'aise partout. Le chien est plus sage que l'humain : il ne vit ni dans le passé ni dans le futur mais dans l'instant présent. Lorsqu'il change de lieu de résidence, il découvre les nouvelles odeurs, ressent l'atmosphère et l'ambiance des lieux (qui lui sont acquises, dans le cas d'un chien-guide) et s'il y a anxiété elle est de courte durée. Ce qui étonne toujours les familles d'accueil c'est la facilité avec laquelle le chien nouvellement arrivé, se fond dans son nouvel environnement comme s'il avait toujours vécu à cet endroit.
Conclusion : un chien-guide a une activité, donc il ne s'ennuie pas ; il accompagne son "meneur" partout et n'est donc pas laissé pour compte comme beaucoup de ses congénères ; son harnais ne pèse que quelques centaines de grammes et n'est pas un silice hérissé de pointes destinées à le faire avancer.
"Celui qui ne s'adapte pas disparaît" et "l'adaptation est une forme d'intelligence". Le chien en est la preuve flagrante.
M.C.T.
14/06/2010
HISTOIRE DU PETIT POUCET REVISITEE A LA MODE CANINE
C‘était au tout début du mois d’août 2009. Un promeneur a trouvé un matin en bordure de bois vers le village de Brienne la Vieille dans l’Aube, deux chiots drahthaars gémissants et apeurés.
Rapidement, une chaîne de solidarité s’est formée : le promeneur les a confiés à sa voisine, laquelle les a amenés à d’autres voisins les jugeant plus capables de s’en occuper et ensuite de les placer.
Fatigués et dénutris, il ont tout d’abord eu droit à un bon bain afin que leur odeur corporelle soit plus agréable, puis ont été présentés chez un praticien pour juger de leur état de santé, évaluer leur âge et rechercher la présence éventuelle d’une puce d’identification électronique.
Diagnostic de l’homme de l’Art : santé : bonne ; pas de parasites ; âge : environ 2 mois ; pas de puce d’identification.
L’anecdote, pas plus que la chaîne de solidarité ne s’arrêtent là.
Dans la salle d’attente, un couple a assisté à l’arrivée des deux rescapés et entendu leur aventure ; coïncidence : ils hébergent un chiot pour le compte du C.IE.
Un rapide coup de fil à l’éducatrice pour accord et l’affaire est conclue : c’est ainsi que ERTON et ENTY ont été enrôlés comme futurs chiens-guides et rejoint au plus tôt leurs familles d’accueil respectives.
Point d’ogre dans cette histoire.
Rapidement, une chaîne de solidarité s’est formée : le promeneur les a confiés à sa voisine, laquelle les a amenés à d’autres voisins les jugeant plus capables de s’en occuper et ensuite de les placer.
Fatigués et dénutris, il ont tout d’abord eu droit à un bon bain afin que leur odeur corporelle soit plus agréable, puis ont été présentés chez un praticien pour juger de leur état de santé, évaluer leur âge et rechercher la présence éventuelle d’une puce d’identification électronique.
Diagnostic de l’homme de l’Art : santé : bonne ; pas de parasites ; âge : environ 2 mois ; pas de puce d’identification.
L’anecdote, pas plus que la chaîne de solidarité ne s’arrêtent là.
Dans la salle d’attente, un couple a assisté à l’arrivée des deux rescapés et entendu leur aventure ; coïncidence : ils hébergent un chiot pour le compte du C.IE.
Un rapide coup de fil à l’éducatrice pour accord et l’affaire est conclue : c’est ainsi que ERTON et ENTY ont été enrôlés comme futurs chiens-guides et rejoint au plus tôt leurs familles d’accueil respectives.
Point d’ogre dans cette histoire.
04/06/2010
J'AI DEUX AMOURS
Pendant 8 ans, j’ai été guidée par ma chienne POLLEN, labrador sable qu est maintenant à la retraite dans un village de la Haute Loire depuis 3 mois.
A l’époque, je souffrais d’un problème d’obésité ; de ce fait mes déplacements étaient simplement utilitaires pour les courses et autres démarches, dans ma ville des Yvelines.
Son guidage au harnais était sans problème ; les premiers temps de notre travail en commun , elle me faisait entrer dans tous les magasins dont la porte était ouverte et n’appréciait pas trop les escalators mais tout est rentré dans l’ordre par la suite. Curieusement, elle qui aimait tant aller barboter dans l’eau, avait peur de l’arrosoir et des jets d’eau.
POLLEN était une bavarde qui aimait bien donner de la voix, aussi bien dans l’appartement, lorsqu’elle entendait la sonnette, que dehors, pendant ses récréations pour signifier sa méfiance à l’égard des enfants et de certaines personnes. Elle s’est calmée après qu’elle ait été en vacances dans une famille dont le petit garçon est devenu son ami.
Elle appréciait énormément le confort du lit et du canapé ; malgré les barrages de chaises et de tabourets que j’érigeais, elle arrivait toujours à s’installer où elle voulait après les avoir poussé.
Depuis le 3 juillet, CHAMADE, berger de 2 ans est à mes côtés. Son caractère est aux antipodes de celui de POLLEN. Dans l’appartement elle me suit dans tous mes déplacements alors que POLLEN restait sur son tapis.
Elle n’aboie jamais. Pendant ses récréations, elle adore jouer avec des congénères, poursuivre les chats : elle aime beaucoup les gens et les enfants. Je suis cependant contrainte de la doter d’une muselière car la chipie fait la tournée des poubelles autour de l’immeuble et dans le parc public, ce qui la rend sourde au rappel… Le grelot à son collier et une croquette dans la main sont une aide précieuse sur ce point.
Mes problèmes de santé en partie réglés, je m’adonne à diverses activités (tir à l’arc, Club de scrabble à Paris une fois par semaine, cours de théätre, natation, fitness, équitation) ; nos sorties sont nombreuses et incluent le bus et le métro.
Notre travail en commun progresse. Au début, il m’arrivait de chuter à la descente ou à la remontée d’un trottoir, chose qui ne se produit plus maintenant.
Je suis même tombée dans un bassin, le long de la rue piétonne mais j’ai pris cette aventure avec philosophie.
Il arrive parfois à CHAMADE de faire du tourisme en tentant d’aller où bon lui semble, plutôt que d’obéir à mes ordres de route mais grâce à ma canne, je gère la situation.
Un chien guide n’est pas un robot, il faut s’en occuper, le brosser, le sortir régulièrement et en dépit de son caractère, lui donner beaucoup d’amour ; grâce à mon expérience avec POLLEN, je sais qu’il faut faire preuve de patience et qu’une progression positive est à ce prix.
En fin d’année, j’irai avec ma CHAMADE, voir POLLEN dans sa nouvelle famille.
Cyrille REMIGEREAU
A l’époque, je souffrais d’un problème d’obésité ; de ce fait mes déplacements étaient simplement utilitaires pour les courses et autres démarches, dans ma ville des Yvelines.
Son guidage au harnais était sans problème ; les premiers temps de notre travail en commun , elle me faisait entrer dans tous les magasins dont la porte était ouverte et n’appréciait pas trop les escalators mais tout est rentré dans l’ordre par la suite. Curieusement, elle qui aimait tant aller barboter dans l’eau, avait peur de l’arrosoir et des jets d’eau.
POLLEN était une bavarde qui aimait bien donner de la voix, aussi bien dans l’appartement, lorsqu’elle entendait la sonnette, que dehors, pendant ses récréations pour signifier sa méfiance à l’égard des enfants et de certaines personnes. Elle s’est calmée après qu’elle ait été en vacances dans une famille dont le petit garçon est devenu son ami.
Elle appréciait énormément le confort du lit et du canapé ; malgré les barrages de chaises et de tabourets que j’érigeais, elle arrivait toujours à s’installer où elle voulait après les avoir poussé.
Depuis le 3 juillet, CHAMADE, berger de 2 ans est à mes côtés. Son caractère est aux antipodes de celui de POLLEN. Dans l’appartement elle me suit dans tous mes déplacements alors que POLLEN restait sur son tapis.
Elle n’aboie jamais. Pendant ses récréations, elle adore jouer avec des congénères, poursuivre les chats : elle aime beaucoup les gens et les enfants. Je suis cependant contrainte de la doter d’une muselière car la chipie fait la tournée des poubelles autour de l’immeuble et dans le parc public, ce qui la rend sourde au rappel… Le grelot à son collier et une croquette dans la main sont une aide précieuse sur ce point.
Mes problèmes de santé en partie réglés, je m’adonne à diverses activités (tir à l’arc, Club de scrabble à Paris une fois par semaine, cours de théätre, natation, fitness, équitation) ; nos sorties sont nombreuses et incluent le bus et le métro.
Notre travail en commun progresse. Au début, il m’arrivait de chuter à la descente ou à la remontée d’un trottoir, chose qui ne se produit plus maintenant.
Je suis même tombée dans un bassin, le long de la rue piétonne mais j’ai pris cette aventure avec philosophie.
Il arrive parfois à CHAMADE de faire du tourisme en tentant d’aller où bon lui semble, plutôt que d’obéir à mes ordres de route mais grâce à ma canne, je gère la situation.
Un chien guide n’est pas un robot, il faut s’en occuper, le brosser, le sortir régulièrement et en dépit de son caractère, lui donner beaucoup d’amour ; grâce à mon expérience avec POLLEN, je sais qu’il faut faire preuve de patience et qu’une progression positive est à ce prix.
En fin d’année, j’irai avec ma CHAMADE, voir POLLEN dans sa nouvelle famille.
Cyrille REMIGEREAU
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